Auvergne-Rhône-Alpes présente un taux d’activité relativement élevé (57 % de la population de 15 ans et plus) et une dynamique marquée de sa population active, du fait de migrations résidentielles favorables et de l’accroissement démographique naturel.
Loin d’être homogène, la région présente des contrastes territoriaux très importants entre ses zones d’emploi. Le taux d’activité varie grandement d’un territoire à l’autre (de 49 % à 67 %) ; il en va de même pour le taux d’emploi (de 84 % à 95 %). De 2008 à 2018, le nombre d’actifs augmente de 0,7 % par an dans la région, mais dans 11 de ses 39 zones d’emploi, la population active diminue.
Ces contrastes pourraient encore s’accentuer d’ici 2050. Le nombre d’actifs progresserait dans la région jusqu’au début des années 2040 soutenu par quelques zones parmi les plus peuplées et dynamiques, puis il baisserait lentement. En 2050, les actifs seraient ainsi 260 000 de plus qu’en 2018, soit une croissance annuelle moyenne de +0,2 %, en net ralentissement par rapport à la période récente. Toutefois, certains territoires seraient encore en croissance en 2050, alors que d’autres connaîtraient un retournement beaucoup plus tôt ou verraient leur recul s’amplifier.
Sommaire :
Pour comprendre
Développé par l’Insee, le modèle Omphale permet de réaliser des projections de population, notamment des projections de population active, à partir du solde naturel, du solde migratoire, du nombre d’actifs et d’autres indicateurs… La baisse de la fécondité par rapport aux décennies passées entraînerait une diminution des entrées sur le marché du travail des jeunes générations à terme. Le solde migratoire a un impact à la fois immédiat sur le nombre des actifs, mais aussi différé, via le vieillissement des personnes qui s’installent durablement sur le territoire et la future activité de leur descendance. Ces projections ne sont pas des prévisions.
La typologie des zones d’emploi est construite à partir de neuf indicateurs : population, part des moins de 14 ans, part des 65 ans et plus, taux d’actifs, taux d’emploi, taux de chômage, évolution décennale de la part d’actifs, évolution décennale de la part d’actifs en emploi, évolution décennale du taux de chômage. Elle assemble des zones d’emploi au profil comparable sur la période 2008-2018. Les projections réalisées pour chaque zone peuvent toutefois diverger à l’horizon 2050.
Définitions
La population active regroupe les actifs ayant un emploi et les chômeurs, et exclut les inactifs. Il s’agit de la ressource en main-d’œuvre de 14 ans ou plus.
Le taux d’activité au sens du recensement de la population est le rapport entre le nombre d’actifs et l’ensemble de la population correspondante.
Le taux d’emploi rapporte le nombre de personnes en emploi à la population totale. Il peut être calculé pour une sous-catégorie de la population donnée (par exemple une tranche d’âge).
L’effet démographique se définit comme la variation de la population active liée au renouvellement naturel des générations, c’est-à-dire le vieillissement de la population initialement présente et résidant dans la zone, qui se traduit par des entrées de jeunes et des sorties de seniors de la vie active.
Dans cette étude, il est fait « hors migrations résidentielles ». Il s’agit donc d’un effet lié à l’avancement en âge de la population.
L’effet des migrations résidentielles évalue l’impact des mouvements de population entre les territoires : ceux qui viennent résider sur le territoire versus ceux qui partent résider ailleurs.
L’effet du taux d’activité mesure la variation de la population active due aux seuls changements de comportement d’activité, tel un allongement de la vie active.